Crise sanitaire du Covid-19 : quel impact sur les fintechs ?

La période de crise liée au coronavirus impacte lourdement la situation économique mondiale, et les fintechs font partie des secteurs d’activités qui pourraient être fortement touchés. Explications.

Des investissements fortement ralentis

Les levées de fonds ont été, bien sûr en net recul depuis le début de la crise sanitaire. Cela va immanquablement impacter les fintechs en manque de capitaux, et ainsi porter un coup aux valorisations. Au global, les levées de fonds ont connu en mars 2020 une baisse de 65% par rapport à février en France, et cela n’épargne bien entendu pas les fintechs. Au niveau mondial, les levées de fonds les concernant sont passées de 11 milliards au dernier trimestre de 2019 à 6 milliards au premier trimestre de 2020.

Les levées de fonds sont moindres, mais l’argent se concentre essentiellement sur les startups qui sont déjà dans les portefeuilles des banques d’affaires qui financent les fintechs. Bernard-Louis Roques, general partner du fonds Truffle Capital, l’indique clairement dans un article très complet : il s’agit surtout d’aider les startups à consolider leur trésorerie afin de maitriser leurs charges et assurer leurs revenus. C’est une condition essentielle pour faire face à une reprise qui s’annonce lente et incertaine dans le contexte de la crise sanitaire.

impact du Coronavirus sur les fintechs

Les startups plus “jeunes”, quant à elles, sont davantage fragilisées.  Repousser les opérations de levées de fonds est une recommandation unanime de la part des banquiers d’affaires. La pénurie des capitaux, associée à une activité fortement ralentie dans le secteur, n’incite en effet pas à investir. Il s’agit alors de faire preuve de patience et d’attendre d’avoir davantage de visibilité, probablement dans quelques mois, voire d’ici un an minimum pour retrouver un “business as usual” dans le secteur de la finance.

Une crise qui accélère le changement ?

C’est un effet inattendu mais fortement ressenti dans le domaine financier : la crise sanitaire booste le basculement vers le 100% digital, ce qui concerne bien sûr particulièrement les fintechs.

En effet, les agences étant fermées, totalement ou partiellement pendant le confinement, il a été beaucoup plus compliqué pour les clients de souscrire aux offres classiques de prêt, d’épargne, d’ouverture de compte, etc. Ce délaissement profite ainsi aux applications des banques traditionnelles, mais aussi aux banques en ligne. La hausse des transactions digitales ainsi que les besoins accrus de chatbots  génèrent des besoins dont peuvent profiter certaines fintechs. Et ce sont aussi clairement les plateformes de prêt B2B et B2C, ainsi que tous les acteurs qui digitalisent le prêt hypothécaire et l’assurance, qui s’en sortent pour l’instant le mieux face à la crise. Là aussi, les fintechs sont en première ligne.

La crise est donc encore bien présente, avec une reprise qui s’amorce timidement et qui sera longue. Les fintechs déjà bien “établies” et soutenues, actives dans les secteurs-clés de la finance, peuvent se projeter avec une relative sérénité. Pour les autres, la prudence et la patience sont encore de mise.

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