En Allemagne, deux étiquettes pour connaître le “vrai” prix des produits

Début septembre dernier, un nouvel étiquetage a fait son apparition dans certains supermarchés outre-Rhin. En quoi consiste cette approche et quel est son objectif ? Nous vous expliquons tout.

Informer les consommateurs sur l’impact environnemental des produits

C’est à Berlin que le supermarché berlinois Penny, filiale du groupe de distribution Rewe, a mis en œuvre une approche inédite pour ses étiquetages. Ainsi, les produits n’ont plus un prix mais deux. Le premier est le prix “normal”, c’est-à dire le prix que paie le consommateur à la caisse. Le second prix, bien supérieur, indique le prix “réel” que coûterait ce produit si l’impact environnemental de sa méthode de production était pris en compte.

Cette expérience se porte pour l’instant sur 16 produits de l’enseigne. Il s’agit notamment du lait, de la viande, de certains fromages, fruits et légumes.  Championne toutes catégories de cette sélection, la viande de bœuf affiche un surcoût de 173% ! Concrètement, si ces 500 grammes de viande hachée mixte issus de la production conventionnelle étaient vendus au “coût réel”, la barquette ne coûterait pas 2,79€ mais 7,62€.

Sensibiliser pour faire évoluer les mentalités ?

On sait aujourd’hui que l’élevage intensif, notamment de bovins, est une catastrophe écologique. Ce mode de production permet évidemment d’obtenir de la viande à bas coût, mais aussi du lait, des fromages, etc.  : ce sont donc tous les produits d’origine animale qui sont potentiellement concernés. Mais l’impact environnemental est fort également pour certains fruits et légumes, qui sont susceptibles de venir de très loin en avion, ou encore qui sont cultivés dans d’immenses serres friandes en énergie et très polluantes.

L’objectif de ce double étiquetage est bien sûr de faire réfléchir les consommateurs sur les choix qu’ils font lorsqu’ils font leurs courses en supermarché. Et à terme les amener à prendre une décision d’achat consciente, vers davantage de durabilité. C’est en tout cas ce qu’annonce Stefan Magel, le directeur général de Rewe, tout en reconnaissant quand même faire “partie du problème”.

Prix véritable des produits en Allemagne

Le vœu pieux de Rewe est-il vraiment honnête ou est-ce un “coup marketing” ? On peut s’interroger car business et développement durable ne sont pas toujours sur la même longueur d’ondes. En effet, si l’enseigne venait à renoncer à proposer ces produits trop néfastes pour l’environnement, ou à les vendre plus chers, elle aurait probablement un fort manque à gagner. Le consommateur doit quant à lui surveiller son budget, même s’il est sensible à la problématique environnementale de son alimentation. Acheter bio, local et/ou en vrac sont de réelles alternatives pour épargner la planète, mais ces solutions sont souvent perçues comme onéreuses.

Quoi qu’il en soit, l’initiative mérite d’être saluée et devrait tout de même interpeller les consommateurs.

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